Uroscanner
(Scanner pour colique néphrétique / calcul rénal)

But / Généralités

C'est un examen tomodensitométrique (scanner) de l'abdomen consacré à la recherche de calculs urinaires. L'uro-scanner (uroCT) ne nécessite pas de préparation et n'est pas un examen douloureux ou désagréable. Sur un scanner, les calculs urinaires apparaissent comme des corps hyperdenses, situés à l'intérieur des voies urinaires. L'uroCT renseigne sur l'importance de la dilatation de l'uretère, le niveau de l'obstruction et la taille du calcul.
Le scanner est la meilleure modalité pour détecter les calculs urinaires. Si un examen tomodensitométrique ne peut être effectué pour des questions de disponibilité de la machine, l'échographie avec un abdomen sans préparation ou une urographie intraveineuse peuvent constituer des voies alternatives. La résonance magnétique est également une technique permettant de mettre en évidence des calculs urinaires.

Déroulement de l'uroCT

L'examen se fait toujours (en tous cas dans un premier temps) sans injection de contraste. Il ne nécessite pas d'opacification des anses intestinales grêles ou coliques. D'autres pathologies abdominales peuvent provoquer des douleurs ressemblant à celle de la colique néphrétique. Ces pathologies peuvent ne pas être visibles sur un scanner sans injection intraveineuse de contraste. S'il existe des difficultés diagnostiques ou si aucun calcul n'est mis en évidence par le scanner et selon la demande du médecin référant, l'uro-CT peut être poursuivi par une phase comportant une injection de contraste. L'examen dure généralement moins de 15 minutes.

Information diagnostique

Un calcul peut entraîner une obstruction complète ou partielle de l'uretère. Cette obstruction peut entraîner une dilatation de l'uretère en amont de ce calcul. Au scanner, la voie urinaire excrétrice dilatée est visible comme une structure tubulaire élargie en amont d'un corps hyperdense. Parfois, l'obstruction urinaire peut provoquer une rupture d'un calice (par exemple) qui se manifeste par une infiltration liquidienne de la graisse du sinus rénal, périrénal ou du voisinage du muscle psoas. Un uretère "atone" peut être également le reflet d'un status après passage de calcul.

Limitations

Il y en a très peu! Rarement, l'absence de plans graisseux entourant les organes du petit bassin chez les patients minces et la présence concomitante de nombreuses calcifications peut poser des problèmes diagnostiques. L'injection intraveineuse de contraste et une acquisition durant la phase tardive peut affirmer la présence d'un calcul urétéral.

Un uroscanner ne donne pas tout à fait les mêmes informations qu'une urographie intraveineuse. L'obstruction de l'uretère par un calcul provoque une souffrance du rein qui se manifeste par des perturbations de la circulation sanguine rénale. Cette «information fonctionnelle» n'est pas donnée par l'uroscan classique. En cas d'obstruction, lorsque le scanner est effectué avec injection de contraste, il peut exister une asymétrie de prise de contraste des deux reins. De plus, l'acquisition en phase tardive permet également d'effectuer une cartographie des voies urinaires. Les situations cliniques exigeant ce type d'examen sont peu courantes et un «uroscan avec injection de contraste» est rarement demandé!

Sur demande du médecin référant, lorsqu'aucun calcul n'a été décelé, l'uro-scanner peut être poursuivi par une phase comportant une injection intra veineuse de contraste: c'est la transformation en scanner abdominal classique.

Technique

L'uroCT est un examen tomodensitométrique qui utilise les rayons X et d'autres renseignements se trouvent sur la rubrique: tomodensitométrie axiale (Généralités).
Sur une radiographie de l'abdomen sans préparation ou des clichés d'urographie, un calcul urinaire peut être masqué par la superposition de l'os ou de gaz digestif. L'uro CT fournit des coupes axiales du corps (imagerie en coupes) et n'a donc pas ces inconvénients. C'est ce qui explique sa supériorité par rapport aux autres modalités. Lorsque l'acquisition des images se fait avec un scanner multibarrettes, des reconstructions coronales (c'est-à-dire des clichés ressemblant à ceux d'un abdomen) peuvent être effectuées, ce qui facilite la communication avec les médecins des autres disciplines.
Au fil du temps, il est apparu que les doses d'irradiation reçues lors d'un uroCT effectué avec un scanner multidétecteur étaient supérieures à celui effectué avec un scanner hélicoïdal simple. Les patients atteints de colique néphrétique ont généralement une ou plusieurs récidives et peuvent être amenés au cours de leur vie à subir plusieurs fois cet examen. Afin de garder les doses d'irradiation reçues les plus basses possibles, des protocoles "low doses" sont nés et leurs validités vérifiées.

Galerie d'images

Uro-scanner. Image 1

Image 1. Uroscan. Cas 1.
Coupe tomodensitométrique sans injection de contraste. 1, Foie. 2, Dilatation de la voie urinaire excrétrice droite. 3, Rein G.

  • Image 1. Uroscan. Cas 1.
    Coupe tomodensitométrique sans injection de contraste. 1, Foie. 2, Dilatation de la voie urinaire excrétrice droite. 3, Rein G.

  • Image 2. Uroscan. Cas 1.
    Coupe tomodensitométrique sans injection de contraste. 1, Rein droit. 2, Calcul (Voie urinaire excrétrice droite). 3, Pôle inférieur du rein gauche. 4, Muscle psoas.

  • Image 3. Uroscan. Cas 1.
    Reconstruction coronale (scanner sans injection de contraste). 1, Foie. 2, Rein droit. 3, Calcul (Voie urinaire excrétrice droite). 4, Rate. 5, Vessie.

  • Image 4. Uroscan. Cas 2.
    Reconstruction coronale. Une série de coupes avec injection de contraste a été réalisée. Il existe une asymétrie de prise de contraste des deux reins en défaveur de la gauche. 1, Foie. 2, Rein droit. 3, Rate. 4, Rein gauche. 5, Muscle psoas.

  • Image 5. Uroscan. Cas 2.
    Le comportement asymétrique des reins est provoqué par un calcul urétéral gauche. 1, Vertèbre lombaire. 2, Aile iliaque droite. 3, Articulation sacro-iliaque gauche. Flèche, Calcul urétéral gauche. 4, Grand trochanter gauche.

  • Image 6. Cas 3.
    Lorsque l'acquisition des images se fait avec un scanner multibarrettes, des reconstructions coronales peuvent être effectuées. Après injection de contraste, les clichés obtenus ressemblent à ceux d'une urographie intra-veineuse.
    1, Rein gauche. 2, Uretère gauche. 3, Vessie.

Autres liens du site sur les calculs urinaires:

Autres techniques radiologiques permettant d'explorer les reins, les voies urinaires et la vessie:

Bibliographie:

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