Sclérose en plaques (SEP)

Sclérose en plaques: définition et symptomatologie

L'étiologie de cette maladie neurologique n'est pas connue. Le trait dominant de cette pathologie est constituée par une démyélinisation des fibres nerveuses du cerveau, de la moelle épinière et des nerfs crâniens. Une origine virale, une maladie auto-immune chez des individus génétiquement prédisposés ou une combinaison des deux sont parmi les hypothèses à la mode.

Les manifestations cliniques de la sclérose en plaque (SEP) sont diverses et, à un moment ou un autre, on peut observer l'un des symptômes suivants ou une quelconque combinaison :
• des troubles visuels , une diplopie (vision double), une atteinte multiple des nerfs crâniens.
• des troubles moteurs.
• des troubles de la sensibilité (fourmillements, douleurs).
• des troubles sphinctériens

Classiquement, la sclérose en plaque est une maladie de l'adulte jeune, caractérisée par des poussées suivies de rémissions. Toutefois, on notera qu'il existe des formes d'emblée progressive.

Au cours du temps, l'évolution de la SEP est marquée par une succession d'atteintes de différents territoires du système nerveux central.

Sclérose en plaques: aspect IRM

L'imagerie par résonance magnétique (IRM) est l'outil radiologique le plus performant dans la détection et le bilan d'évolution des scléroses en plaques. Les plaques de démyélinisation sont iso- à légèrement hypointense en pondération T1 et hyperintense en T2. Les lésions sont particulièrement visibles sur la séquence FLAIR sagittale. Sur cette séquence, on peut mettre en évidence des lésions périventriculaires, ovoïdes, hyperintenses, perpandiculaires à la surface ventriculaire, qui sont fortement évocatrices d'une SEP. Les lésions actives se rehaussent après injection intraveineuse de gadolinium. Les vielles lésions restent hypointenses après injection de contraste. L'imagerie par résonance magnétique permet donc de démontrer la présence de multiples lésions de topographies et d'âges différents.
Or, cette dissémination des lésions dans le temps et l'espace est précisément une des caractéristiques de la SEP.

Note : Le tableau radiologique n'est pas spécifique, et, par exemple, la maladie de Lyme peut avoir un aspect IRM similaire !

Sclérose en plaques: illustrations par un examen IRM

Cas illustratif: Femme de 30 ans, SEP connue. Bilan

IRM cérébrale, coupe axiale, T2.
1, Scissure interhémisphérique. 2, Pôle frontal. 3, Ventricule latéral. Flèche, Lésion démyélinisante.

Sclérose en plaques. Image 1
  • IRM cérébrale, coupe axiale, T2.
    1, Scissure interhémisphérique. 2, Pôle frontal. 3, Ventricule latéral. Flèche, Lésion démyélinisante.

  • IRM cérébrale, coupe axiale, T1.
    1, Scissure interhémisphérique. 2, Pôle frontal. 3, Ventricule latéral. Flèche, Lésion démyélinisante.

  • IRM cérébrale, coupe sagittale, FLAIR.
    1, Sinus maxillaire. 2, Pôle frontal. 3, Ventricule latéral. 4, Cervelet. Flèche, Lésion démyélinisante.

  • IRM cérébrale, coupe sagittale, FLAIR.
    1, Sinus maxillaire. 2, Ventricule latéral. 3, Cervelet. Flèche, Lésion démyélinisante.

  • IRM cérébrale, coupe sagittale, FLAIR.
    1, Lésion démyélinisante dans le bulbe rachidien. 2, Lésion démyélinisante dans le pons. 3, Corps calleux. 4, Ventricule latéral. 5, Pôle occipital. 6, Cervelet.

  • IRM cérébrale, coupe axiale, T1 après gadolinium i.v..
    1, Corps calleux. 2, Ventricule latéral. 3, Pôle occipital. Flèche, Lésion démyélinisante.

  • IRM cérébrale, coupe coronale, T1 après gadolinium i.v..
    1, Pôle temporal. 2, Ventricule latéral. Flèche, Lésion démyélinisante.

  • IRM cérébrale, coupe coronale, T1 après gadolinium i.v..
    1, Tente du cervelet. 2, Ventricule latéral. 3, Pôle temporal. 4, IVéme ventricule. Flèche, Lésion démyélinisante.

  • IRM cérébrale, coupe sagittale, T1 après gadolinium i.v..
    1, Sinus maxillaire. 2, Globe oculaire. 3, Système ventriculaire. 4, Cervelet. Flèche, Lésion démyélinisante (rehaussement en périphérie = aspect en cible).

  • IRM cérébrale, coupe sagittale, T1 après gadolinium i.v..
    1, Ventricule latéral. 2, Corne occipital du ventricule latéral. 3, Cervelet. Flèche, Lésion démyélinisante .

  • IRM cervicale, coupe sagittale, T2.
    1, Lésion démyélénisante situé dans le pons. 2, IVéme ventricule. 3, Lésion démyélénisante situé dans le bulbe rachidien. 4, Moëlle épinière. 5, Cervelet. Flèche, Lésion démyélénisante de la moelle épinière.

  • IRM cervicale, coupe axiale, T2.
    1, Corps vertébral. 2, Veine jugulaire. 3, Artère carotide. 4, Muscle sterno-cléido-mastoïdien. Flèche, Lésion démyélénisante de la moelle épinière.

Cet examen nontre des lésions périventriculaires, dans le centre semi-ovale, dans le tronc cérébral et la moelle épinière (dissémination dans différents territoires du SNC). La prise de contraste et l'aspect indiquent que ce sont des lésions d'âges différents (dissémination dans le temps).

Bibliographie

• Janardhan V, Suri S, Bakshi R. Multiple sclerosis: hyperintense lesions in the brain on nonenhanced T1-weighted MR images evidenced as areas of T1 shortening. Radiology. 2007 Sep;244(3):823-31. Epub 2007 Aug 9.
• Osborn AG, Blaser SI, Salzman KL. Diagnostic Imaging: Brain. 1st ed. Salt Lake City. Amirsys. 2004.
• Atlas SW. Magnetic Resonance Imaging of the Brain and Spine. 3rd Ed edition. Lippincott Williams & Wilkins. 2001.
• Osborn AG. Diagnostic neuroradiology. Mosby. St Louis, 1994.