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IRM: détection lésions versus intensité du champ magnétique

IRM: une chaîne d'éléments

L'imagerie par résonance magnétique dépend de toute une chaîne:
- du champ magnétique (son homogénéité)
- de la présence d'interférences électromagnétiques extérieurs (train par exemple)
- du système de gradient
- du système RF
- des antennes
- de l'ordinateur permettant le calcul des images
La qualité final de l'imagerie obtenue dépend de la qualité de chacun des éléments composant cette chaîne. L'emploi inadéquat d'une antenne entraînera irrémédiablement une diminution de la qualité de l'imagerie et ceci quelque soit l'appareil utilisé (IRM bas champ ou haut champ).

La qualité d'un examen est aussi patient-dépendant: artéfacts cinétiques (mouvements durant l'examen) ou autres (prothèses de hanche par exemple) dégradant l'image.

Paramètres dépendant de l'intensité du champ utilisé

Les facteurs influencés par le type d'appareil IRM utilisé (haut champ versus bas champ) sont:
- le rapport signal/bruit (diminution avec l'intensité du champ)
- la résolution de l'imagerie (l'épaisseur possible des coupes -tout au moins du point de vue qualité- diminue avec l'intensité du champ utilisé)
- le temps d'examen (plus l'intensité du champ est basse, plus le temps d'examen est long)
- la suppression du signal de la graisse (non sélective pour l'IRM à bas champ).
Note: Il faut pondérer ces considérations théoriques en se souvenant que la qualité de l'imagerie dépend d'une chaîne d'éléments et que les images IRM à bas champ sont de loin supérieures aux images fournies par les premières IRM à haut champ.

IRM à bas champ

Voici quelques réflexions résultant de mon expérience personnelle:

A l'étage cérébral, les images fournies ont toujours été de qualités diagnostiques. Pour des pathologies tumorales, aucune difficulté particulière n'a été rencontrée. En ce qui concerne des maladies démyélinisantes comme la SEP, malgré l'utilisation d'une séquence FLAIR de bonne qualité, il est probable que le nombre de lésions observées lors d'un examen IRM à bas champ soit inférieur à celui visible avec une IRM à haut champ. Reste à savoir si ce nombre de plaques visualisé en plus a une influence quelconque sur le diagnostique ou le traitement!
En raison du défaut de résolution ou/et des imperfections de la suppression sélective du signal de la graisse, l'imagerie à bas champ me paraît limité dans l'étude de l'hypophyse ou des cavités orbitaires.

En ce qui concerne l'examen du rachis, l'observation d'examens provenant de différents instituts me montre que les succès obtenus lors de la recherche de hernie discale sont mitigées. Le résultat dépend quand même de l'année de construction de l'appareil et de la qualité des antennes utilisées.

Pour les pathologies intrinsèques de la moelle épinière, l'imagerie par résonance magnétique à bas champ m'apparaît peu performante.

Pour le système musculosquelettique, les grosses déchirures méniscales ou des ligaments du genou sont parfaitement démontrées.

L'imagerie par résonance magnétique à bas champ est parfaitement adaptée à la plupart des situations courantes. La qualité de l'imagerie par résonance magnétique à bas champ est en constante progression, ce d'autant plus qu'elle est stimulée par des arguments économiques. Les remarques effectuées ci-dessus ne seront donc peut être plus d'actualité prochainement.... Actuellement certaines IRM ouvertes fonctionnent avec des champs magnétiques de 0.5 Tesla ou plus. Il existe donc une hétérogénéité parmi les IRM ouvertes qui est dépendante du champ magnétique utilisé (étendue de 0.23T à 0.5T+).

IRM à haut champ

A l'étage thoracique ou abdominal, l'imagerie par résonance magnétique effectuée avec un appareil à haut champ est nettement plus convaincante et performante que l'imagerie à bas champ.

Il en est de même pour tout ce qui concerne les examens vasculaires (angioIRM) -vaisseaux de l'abdomen ou du thorax, du cerveau, des extrémités, etc.

L'IRM à haut champ démontre également sa supériorité dans tout examen qui réclame une imagerie haute résolution (hypophyse) ou des séquences spéciales (suppression de graisse comme dans l'étude des cavités orbitaires, diffusion utile par exemple dans la détection précoce des accidents vasculaires cérébraux).