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Echographie


Formation de l'image

L'examen échographique utilise des ondes sonores de hautes fréquences et un ordinateur pour construire les images des différents organes du corps humain. Durant l'examen une sonde est déplacée sur la peau. Cette sonde émet des ondes sonores. Ces ondes sonores sont propagées dans les différents tissus et se réfléchissent de manière différente lorsque les tissus traversés ont des propriétés acoustiques différentes. Les ondes sonores réfléchies (écho) sont recueillies par la sonde et transmises à un ordinateur. Grâce à l'analyse de ces données, l'ordinateur crée des images.

Une simple manipulation de la sonde permet d'avoir des images échographiques dans n'importe quel plan du corps et en temps réel.

Information diagnostique

L'information est tirée des différences du comportement acoustique entre le tissu normal et le tissu pathologique. Plus la différence de comportement acoustique est importante, plus la lésion est facilement détectable. A l'inverse, si le tissu pathologique a des propriétés radiologiques voisines du tissu sain, il peut être difficilement identifiable.

L'injection intra veineuse de contraste peut parfois apporter une information supplémentaire.

Aspect échographiques des lésions.

L'aspect des lésions peut être classifié en 3 catégories caractéristiques:
la lésion hypoéchogène;
la lésion hyperéchogène
le kyste
Ces trois types de lésions sont illustrés et expliqués ci-dessous.

  • Lésion hyperéchogène du foie - Echographie - Image 1 de 5
  • Lésion hyperéchogène du foie - Echographie - Image 2 de 5
  • Lésions hypoéchogènes de la rate - Echographie - Image 3 de 5
  • Lésions hypoéchogènes de la rate - Echographie - Image 4 de 5
  • kyste du rein droit - Echographie - Image 5 de 5
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L'aspect échographique d'un tissu est décrit en fonction de l'intensité des échos visible sur l'image et des structures adjacentes.
L'image 1 et L'image 2 montrent une lésion hépatique (flèches) hyperéchogène, c'est-à-dire de couleur claire.
L'image 3 et L'image 4 montrent des lésions spléniques hypoéchogènes, c'est-à-dire de couleur sombre
L'image 5 montre un kyste rénal droit. Le kyste a une apparence caractéristique en échographie: son contenu est trans-sonore (couleur uniforme noire) avec un renforcement postérieur (trainée blanche). Un kyste rénal en est l'exemple type et l'image 5 démontre la lésion comme une "boule de couleur sombre (couleur uniforme noire, double flèche jaune) avec une traînée blanche (trainée blanche, double flèche noire).
Il existe également des lésions iso-échogènes, c'est-à-dire de même échogénéicité (= même couleur) que le tissu de voisinage. En général, une lésion iso-échogène n'est découverte que par les anomalies anatomiques qui découlent de son expansion (compression de vaisseaux, déformation du contour des organes).

N.B.:
Il faut souligner que de multiples pathologies peuvent avoir la même apparence radiologique. Par exemple, un hémangiome hépatique peut avoir la même apparence qu'une métastase d'un adénocarcinome mucineux ou d'un carcinoïde.

Images illustrant la technique d'imagerie par échographie

Enregistrement des images

Les images obtenues lors d'un examen ultrasonographique sont de type "numériques". Elles peuvent être donc stockées sur des supports comme un CD ou un DVD. Elles peuvent être fixées sur des "films" via une imprimante laser. Les examens ultrasonographiques peuvent donc être archivés dans des systèmes informatiques et de gestions d'informations médicales (PACS, RIS).

Quelques mots sur l'histoire de l'échographie

1830 Premières études sur la propagation des sons dans l'eau du lac Léman, à Genève. Recherches effectués par Colladon.

1840 découverte de l'effet Doppler par Doppler

1880 effet piézoélectrique (déformation d'un cristal soumis à impulsion électrique) par Pierre Curie.

1910 Cette découverte permet à Paul Langevin d'étudier la propagation des ultrasons dans l’eau et leurs réflexions (échos) sur des objets. Ces recherches donnèrent naissance au système de détection anti sous-marins SONAR. Développement foudroyant de cette technique en raison des deux guerres.

1950s Débuts balbutiants de l'ultrasonographie diagnostique au niveau du cerveau, du coeur et du sein. Les développements intéressants ont lieu surtout dans le domaine de la gynécologie-obstétrique. A noter l'apparition des sondes transvaginales et transrectales.

1953   les premiers examens ultrasonographiques ont lieu dans des baignoires....

1963   les appareils échographiques à bras articulés permettent maintenant un "examen au sec"

1972   en Europe, envolée de l'emploi des ultrasons comme outil diagnostique et fondation de la "European Federation of Societies for Ultrasound in Medicine and Biology"

1987 utilisations routinières du Doppler couleur

1990 Doppler duplex

Préparation pour un examen d'échographie (US - ultrasons)

du cou, de la thyroïde, des seins, de la paroi abdominale, du système musculo-squelettique, pour une recherche de thrombose veineuse:

Pas de préparation spéciale!

de l'abdomen:

Pour un examen échographique comprenant l'abdomen supérieur, le patient doit être à jeun au moins 4h avant l'examen. Il n'est autorisé à boire que de l'eau. Le non-respect de cette consigne comme la prise d'un verre de lait ou de tartines beurrées peut contracter la vésicule biliaire et rendre impossible la détection de calculs vésiculaires.

Pour un examen échographique comprenant l'abdomen inférieur, le patient doit boire 1l d'eau 1h avant l'examen et ne pas uriner jusqu'à ce que l'examen du petit bassin soit terminé.

remarques:

Les médicaments habituels doivent être pris. Les diabétiques insulinotraités doivent prendre conseils auprès de leur médecin traitant afin de connaître les doses à injecter (réduction de moitié?, etc....).

Fournir au radiologue l'ensemble de son dossier radiologique.

Indiquer au radiologue l'ensemble de ses maladies et interventions chirurgicales

Déroulement d'un examen échographique (US)

L'examen est effectué par le radiologue. Cet examen échographique fournit des images en temps réel de la région à examiner. L'examen se déroule dans une pièce sombre pour faciliter la lecture de l'écran vidéo. Selon la zone étudiée vous serez généralement allongé sur le dos. Le radiologue est à côté de vous. Du gel sera appliqué sur la région à examiner de manière à éviter l'interposition d'air entre la surface cutanée et la sonde, et donc de favoriser la transmission des ultrasons. La sonde est déplacée par le radiologue sur la surface cutanée de la région à examiner. Il vous sera parfois demandé de bloquer votre respiration pendant quelques secondes afin de mieux visualiser une région. Votre coopération est importante et la qualité de l'examen en dépend. Une photo prise chez quelqu'un qui bouge est floue! Au cours de cet examen dynamique, quelques photos seront prises et envoyés à votre médecin. L'examen lui-même est rapide et vous resterez allongé environ 15 à 30 minutes. Vous ne ressentirez aucune douleur lors de cet examen.

L'examen des ovaires/de l'utérus peut nécessiter une exploration " endocavitaire ". Une sonde de petit calibre recouverte d'une protection stérile à usage unique est introduite dans le vagin. La proximité des organes avec la sonde donne des images d'une haute résolution et apporte des informations supplémentaires. Il est nécessaire pour cette procédure d'avoir la vessie vide. Cet examen est indolore.

L'examen de la prostate peut nécessiter une exploration " endocavitaire ". Une sonde de petit calibre recouverte d'une protection stérile à usage unique est introduite dans le rectum. Il est nécessaire pour cette procédure d'avoir la vessie vide. L’introduction de la sonde peut rarement être responsable d’un malaise transitoire et sans gravité. La proximité de la prostate avec la sonde donne des images d'une haute résolution et apporte des informations supplémentaires quand à sa structure.

Risques d'un examen échographique (US)

Cette technique n'utilise ni les rayons X ni les champs magnétiques. On conçoit donc aisément que les informations apportées par l'ultrasonographie diffèrent des autres modalités d'imagerie comme la tomodensitométrie ou l'IRM.

On conçoit également que les contre-indications ne seront pas les mêmes pour l'ultrasonographie que pour le scanner (qui utilise des rayons X) ou l'IRM (qui utilise des champs magnétiques).

Aucun effet biologique délétère n'a été observé jusqu'à ce jour. L'examen échographique (US) est donc sans danger et c'est pour cette raison que cette méthode est utilisée chez la femme enceinte.

Indications/limitations d'un examen d'échographie
(examen ultrasonographique - US)

Il s'agit d'un examen rapide, non douloureux et peu onéreux. Il ne nécessite en général pas d'injection de produit de contraste de sorte qu'il fait partie de la catégorie des examens non invasifs. Cette technique n'utilise pas de rayons ionisants et n'a pas d'effets biologiques délétères connus.

L'échographie grâce à la fonction doppler permet d'étudier la perméabilité des vaisseaux et la vascularisation des organes. Il est donc particulièrement utile dans la recherche des thromboses veineuses profondes du membre inférieur ou dans l'étude de la vascularisation des organes greffés.

Toutes ces caractéristiques le font employer parfois comme simple examen de débrouillage.

Les examens échographiques ( US ) comportent toutefois quelques limitations:

Les performances de cet examen dépendent directement de l'opérateur. C'est un examen dynamique durant lequel seules quelques photographies sont prises par le radiologue. Ces seuls clichés fournis à la fin de l'examen ne rendent pas compte de tout ce qui a été observé. La manière dont sont mesurées les lésions dépend également de l'opérateur. Cet examen est donc difficilement utilisable pour un suivi thérapeutique. Avec cet examen, la localisation de lésions intestinales peut être difficile ou impossible et une cartographie conventionnelle ne peut pas toujours être fournie suivant l'organe étudié. C'est un examen observateur-dépendant.

Le type d'ondes sonores utilisés rend difficile l'imagerie de patients ayant une forte corpulence. La qualité de l'examen peut aussi dépendre du morphotype et de la compliance (aptitude à tenir une inspiration suspendue, mobilité,etc...). C'est donc également un examen patient-dépendant.

L'air ou toutes structures contenant du calcium (comme l'os) va se comporter comme une barrière à la propagation des ondes sonores et empêchera une analyse des organes situés derrières ces structures.

Si une lésion hépatique a les mêmes propriétés acoustiques que le foie, cette lésion n'est pas détectable (ce principe est d'ailleurs valable pour n'importe quel organe)

Examen ultrasonographique de l'abdomen supérieur

L'ultrason est le meilleur examen radiologique pour détecter des calculs dans la vésicule biliaire. En cas de discordance radioclinique, son innocuité et son faible coût permet de le répéter.

Le foie et la rate sont bien démontrés par cette technique. Relevons toutefois que la visualisation de ces organes peut être gênée par une interposition colique (Chilaiditti) ou par un montage chirurgical dont les structures intestinales sont proches de l'un des organes examinés. Une partie du foie est proche du poumon et le radiologue peut vous demander d'effectuer une forte inspiration, de garder l'air le plus longtemps possible afin d'avoir une meilleure fenêtre pour examiner le dôme hépatique.

Les reins sont biens visualisés lors d'un examen ultrasonographique. A mon sens c'est le meilleur examen non irradiant et n'utilisant pas de contraste pour démontrer la dilatation des voies urinaires excrétrices. Les calculs du bas et du haut uretère sont détectables sans difficultés notables. En raison de surprojections intestinales (coliques ou grêles), les calculs du 1/3 moyen de l'uretère ne sont généralement pas détectés par l'échographie. Heureusement, les calculs urinaires sont radio opaques dans 80% des cas et donc visibles sur une radiographie standard de l'abdomen. Dans les cas difficiles l'association ultrason abdominal et radiographie peut donner toutes les informations nécessaires au traitement.

L'étude échographique ( US ) du pancréas peut se révéler ardue puisque c'est un organe coincé entre le duodénum (intestin contenant de l'air) et la colonne vertébral (calcium).

L'étude échographique de l'intestin est parfois limitée puisque c'est un organe creux contenant de l'air, situé dans la cavité abdominale et entouré de multiples anses intestinales en mouvements. Pour des pathologies comme la diverticulite, s'il est disponible, le scanner est l'examen de choix puisqu'il permet d'effectuer un bilan des complications extra-pariétales (fistules, abcès, etc.). D'une manière générale, le scanner permet de dresser une cartographie et il est souvent requis lorsqu'une intervention chirurgicale est planifiée.
Il en est tout autrement pour les pathologies intestinales de l'enfant où l'échographie est extrêmement performante et, de surcroît, non-irradiante.

L'ultrasonographie est performante dans la détection et le suivi des anévrismes de l'aorte abdominale.

Examen ultrasonographique de l'abdomen inférieur

Le petit bassin contient beaucoup de structures digestives (anses grêles, anses coliques). Ces structures contiennent de l'air et vont se comporter comme une barrière à la propagation des ondes sonores. Elles empêcheront une analyse fine des organes profonds du petit bassin. Par contre, une vessie pleine de liquide constitue alors une bonne fenêtre acoustique et va permettre un examen des organes profonds du petit bassin. L'échographie est aussi employée dans la détection des hernies inguinales. Les performances de l'échographie dans l'obstétrique sont bien connues.

Examen échographique du système musculosquelletique

Très bonne technique pour mettre en évidence des collections liquidiennes (hématome, kyste de Baker) ou une rupture du tendon d'Achille. La performance de l'ultrasonographie dans des problèmes comme celui de rupture de la coiffe des rotateurs est controversé. Dans beaucoup d'endroit où l'IRM est largement disponible, l'échographie musculo-squelettique a vu ses indications diminuées.

Examen échographique du cou

L'échographie est la technique de choix pour détecter des lésions ou connaître la morphologie de la thyroïde, rechercher des adénopathies, etc... Le doppler permet d'avoir de bonnes indications sur l'existence d'une sténose carotidienne.

Examen échographique des seins

Technique de choix pour déterminer si une lésion est kystique ou solide. Pour plus d'informations consulter le lien: efficacité / performances d'un examen sénologique

Examens vasculaires

Le doppler permet une investigation non invasive des vaisseaux et c'est donc l'outil par excellence de débrouillage ou de diagnostique. Voir le lien: Doppler

Examen échographique du thorax

Technique de choix pour détecter un épanchement pleural. Par contre, pour les raisons précédemment cités, l'appréciation du parenchyme pulmonaire est impossible!

En conclusion,

L'échographie est un examen non-invasif (non douloureux, sans rayons X, sans produit de contraste) qui peut être répété autant de fois que la clinique l'exige. Ses applications sont large et il peut être utile tout aussi bien dans l'étude des organes solides de l'abdomen que dans la sphère musculo squelettique. C'est certainement l'examen de choix dans la recherche de calculs vésiculaires ou de l'étude morphologique de la thyroïde. Son utilisation comme examen de débrouillage ne saurait faire oublier que c'est un examen comportant de multiples limitations.  En cas de discordances radio-cliniques, il convient de s'interroger sur la nécessité ou non de poursuivre les investigations par un examen tomodensitométrique ou une IRM.