Précautions et doses reçues lors d'un examen effectué avec un scanner multibarrettes
L'avènement des scanner multibarrettes a permis d'effectuer des examens tomodensitométriques du corps entier en une apnée (c'est-à-dire avec une respiration suspendue durant moins de 20 secondes). Les images obtenues sont d'une résolution spatiale remarquable. La finesse des données acquises avec ces scanners multibarrettes permet de disposer d'images situés dans les autres dimensions de l'espace (plan sagittal, plan coronal). Malheureusement, pour des raisons techniques, le scanner multibarrettes est beaucoup plus irradiant que le scanner hélicoïdal monobarrette.
Parallèlement, la facilité d'utilisation du scanner multibarrettes a rendu ses indications plus larges. Aux Etats-Unis, l'emploi de la tomodensitométrie rend compte des 2/3 de l'irradiation associée à l'imagerie médicale. L'examen tomodensitométrique est devenu un standard pour la recherche de calculs urinaires ou dans les investigations des complications de la maladie de Crohn. Les performances des scanners multibarrettes permettent maintenant de détecter des maladies coronariennes ou des polypes du colon. Toutes ces indications peuvent impliquer une répétition des examens tomodensitométriques et donc des irradiations successives.
Au fil du temps, il est apparu que les doses reçus lors d'un examen tomodensitométrique avec un scanner multibarrettes n'étaient ni négligeables ni si inoffensives qu'il y paraissait. En 2001, Nickoloff et Alderson estimaient que, par rapport au scanner hélicoïdal classique, les doses reçues par les patients étaient majorées de 30-50% avec les scanners multibarrettes. Pour un protocole standard d’uroCT effectué sur un scanner 4 barrettes, Nawfel et al estiment, dans un article paru dans Radiology, que leurs patients ont reçu une dose effective en moyenne 1,5 fois plus grande que celle reçu pour une urographie intraveineuse. Dans une autre étude publiée par Eikefjord dans l'AJR, la dose moyenne effective reçu lors d’un uroCT était trouvé plus du double de celle d’une UIV. Dans une étude sur la maladie de Crohn, Jaffe et al trouvent que les patients examinés par scanner multibarrettes reçoivent une dose cinq fois supérieure à celle reçu avec un transit baryté. Soulignons qu'il n’y a pas de proportionnalité entre le nombre de barrettes du scanner et les doses de radiations utilisées. Par contre, il est tout à fait clair que la qualité de l’imagerie par tomodensitométrie s’est obtenue avec un coût : celui d’une augmentation des doses d’irradiations.
Cliquer sur les liens suivants pour avoir une idée des: risques liés aux rayons X et des doses de rayonnement reçus lors d'examens radiologiques.
Depuis plus de 10 ans, des articles étudiant les doses de rayonnement reçues lors d'un examen tomodensitométrique ou recherchant des méthodes permettant de réduire ces doses paraissent dans des revues comme Radiology ou l'American Journal of radiology.
Différentes précautions ont été proposées:
modification des paramètres techniques pour obtenir les images de repérage (scout view, pilote)
paramètres techniques adaptés à la morphologie de chaque patient (poids, diamètre antéropostérieur, taille)
limitation des aires couvertes par l'examen tomodensitométrique
adaptation des paramètres techniques à la région anatomique étudiée (bassin, abdomen)
protection des zones non étudiées
Les constructeurs d'appareils médicaux, sensibilisés à ces problèmes d'irradiation, mettent sur le marché de nouvelles technologies (" tube current modulation ", filtration, software) permettant de travailler avec des doses de rayonnement plus petites.
De multiples examens tomodensitométriques sont effectuées avec des protocoles " low dose " et les études n'ont pas montré de dégradation de la qualité des informations obtenues par ces méthodes.
Finalement, comme pour tout examen de radiologie, l'examen tomodensitométrique doit satisfaire aux deux critères suivants:
la demande d'examen est dûment justifiée (Bénéfice attendue de l'examen).
la dose délivrée lors de cet examen est la plus petite possible.
Lorsque l'on veut éviter toute irradiation (enfant par exemple) se pose la question de la technique radiologique alternative : imagerie par résonance magnétique (IRM), échographie.
Bibliographie :
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